Libération Films

Born into brothels

Zana Briski et Ross Kauffman

États-Unis, 2004, 83 min

Born Into Brothels, récipiendaire de l’oscar du meilleur documentaire et d’une vingtaine d’autres prix prestigieux, retrace l’expérience d’une photographe new-yorkaise dans le Red Light de Calcutta. Humaniste et bouleversant.

C’est en 1995 que la photographe Zana Briski découvre, non les splendeurs de l’Inde, mais le dur lot des femmes des quartiers pauvres de Calcutta. En 1998, elle décide de s’installer dans un bordel du district Red Light de Calcutta afin de saisir avec sa caméra le quotidien des prostituées et leurs familles. Voyant que les enfants sont fascinés par son travail, elle leur procure des appareils photo et leur enseigne la photographie. Le résultat est saisissant. Ce n’est plus l’œil d’un touriste ou d’un voyeur qui capte l’univers sordide du Red Light, mais ses jeunes habitants, qui devront toutefois essuyer les sarcasmes de certains de leurs sujets.

Pour la première fois de leur vie, ces huit enfants, notamment les fillettes, très souvent condamnées à la prostitution, croient à un avenir meilleur. Dès lors, Briski troque son appareil photo pour une caméra vidéo et entreprend de filmer les artistes en herbe. N’ayant aucune expérience en la matière, elle envoie ses premières bandes au monteur Ross Kauffman pour connaître son avis ; séduit, Kauffman se joint à l’aventure. S’ensuivront des expositions à travers le monde. Encouragée par cette expérience aussi enrichissante pour elle que pour ces jeunes laissés-pour-compte, Briski tentera de les inscrire à l’école. Cependant, elle se heurtera à la réalité ; peu d’entre eux réussiront à se sortir de leur misère, mais pour combien de temps ?

Malgré tout le bon vouloir de la réalisatrice, Born Into Brothels n’a rien d’un conte de fées. Ainsi, lorsqu’ils n’ont pas l’appareil à la main, les enfants doivent vaquer à leurs lourdes tâches ménagères. Dans ces taudis où s’entassent mères prostituées, pères toxicomanes et enfants esclaves, pleuvent constamment insultes et menaces. La violence est omniprésente dans la vie de ces enfants ; l’un d’eux, Avijit, de loin le plus doué, perdra sa mère à cause d’un "feu de cuisine" - meurtre déguisé en accident domestique. Totalement dépourvu de complaisance, Born Into Brothels s’avère un film d’une grande beauté. D’abord par son montage fluide et sa musique envoûtante et, surtout, par le respect et la tendresse sincères dont font preuve les cinéastes envers leurs jeunes protégés.


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